Quand vieillesse rime avec bonheur

Souvent, nous faisons rimer vieillesse avec tristesse, solitude et maladie. Le tableau n’est pas attrayant et la peur de vieillir occupe beaucoup d’esprits dans une société qui voue un culte à la jeunesse et au dynamisme. Pourtant autant, les plus heureux ne sont pas les jeunes adultes mais bien les seniors !

Arthur Stone, un chercheur américain, et ses collègues ont utilisé les données d’une enquête réalisée par téléphone en 2008 sur plus de 340 000 américains. Les participants devaient tout d’abord renseigner leur degré de bien-être général sur une échelle de 1 à 10. Puis ils ont dû répondre à des questions visant à estimer leur bien-être personnel concernant les émotions de joie, de colère ou de tristesse et les sentiments de bonheur, de stress ou d’inquiétude. Les résultats montrent que passé la soixantaine, les participants disent éprouver davantage de bonheur que les adultes d’une trentaine d’années. ils se disent moins stressées, moins inquiets. Ainsi, on assiste non seulement à une augmentation des sensations positives (joie, bonheur) à l’aube de la retraite, mais surtout à une diminution de la fréquence des sensations négatives (notamment vis-à-vis du stress et de l’inquiétude). Des facteurs tels que le fait d’avoir des enfants, de ne plus avoir d’emploi ou d’être célibataire n’influence en rien les résultats.

En France, un sondage réalisé par Le Monde et l’Institut Viavoice indique que les seniors seraient 89% à être heureux. Mais pourquoi les personnes âgées se déclarent plus heureuses que les plus jeunes générations ? Une explication avancée concerne une meilleure gestion de ses émotions. Ainsi, après 60 ans on analyserait mieux nos sentiments, nous ferions preuve d’une meilleure intelligence émotionnelle. En clair, on comprendrait mieux les ressentis que nous éprouvons au quotidien. Nous saurions donc mieux faire fructifier les sensations positives vécues au sein de la journée, tout comme nous saurions mieux oublier ou mettre de côté les évènements négatifs.

Mais ce qui apparaît aussi déterminant dans cette culture du bonheur au crépuscule de notre vie est la curiosité. Qu’elle soit intellectuelle, culturelle, relationnelle c’est cet appétit de connaissances qui nous permet de rester confiant en nous et en nos capacités. Cette confiance va de pair avec le sentiment d’être encore utile aux autres, de se sentir apte à pouvoir aider tout comme à accepter l’aide extérieure. En outre, beaucoup de seniors déclarent que la vieillesse les libère de la timidité qui pouvait les habiter plus jeunes : la peur de l’échec, des erreurs, ou le manque de courage ne font plus partie de leur vocabulaire !

Rien ne nous oblige à attendre notre retraite pour être heureux, alors pourquoi ne pas adopter le point de vue de ces générations expérimentées et se décider à mettre toutes les chances de notre côté pour atteindre le bonheur dès maintenant ?