La colère, une émotion bien plus subtile qu’elle n’y paraît

Il y a quelques mois, nous avions parlé de notre perception négative des émotions telles que la tristesse, la peur ou la colère. Nous avons constaté que les émotions étaient beaucoup plus complexes que nous le pensions. Nous allons aujourd’hui creuser un peu plus la question et nous concentrer sur une émotion : la colère ! A quoi sert-elle ? Comment se manifeste-t-elle ? Que veut-elle dire ?

Avant tout, la colère est une émotion très reconnaissable. Sourcils froncés, lèvres et poings serrés… on ne peut pas passer à côté. Et pour cause, elle fait partie des 6 émotions primaires, universellement ressenties quelle que soit notre culture d’origine.

Comme toutes les émotions, la colère a pour vocation de nous informer sur notre environnement : elle souligne précisément une source d’insatisfaction. Cette insatisfaction peut porter sur un besoin qui n’est pas comblé, frustré ou négligé. De fait, elle met l’accent sur les frustrations, contrariétés ou injustices qui nous minent dans nos relations avec les autres. Bien exprimée, elle entraîne la résolution de ces soucis.

La colère nous permet aussi de mobiliser notre énergie : toutes nos ressources (physiques et mentales) sont sur le pied de guerre pour faire face à ce qui perturbe notre équilibre. L’expression “avoir la moutarde qui monte au nez” traduit bien la sensation physique que produit notre métabolisme ! La colère augmente donc notre investissement, notre détermination dans un travail. Elle nous permet de devenir beaucoup plus attentif à tout ce qui pourrait nous aider à accéder plus facilement au but que nous nous sommes fixé. Mais l’objet de notre colère accapare aussi tout notre esprit : nous devenons donc incapables de nous investir dans autre chose ou de prêter une vraie attention à un autre sujet.

La colère est aussi une réaction défensive et nous prépare à l’attaque en réaction à l’événement que nous estimons nous mettre en danger. Elle nous pousse à défendre férocement ce que nous possédons déjà et à conquérir ce dont on a besoin. Malheureusement, à vouloir trop défendre ce qui nous tient à coeur, cette émotion mal exprimée détériore les relations affectives que nous entretenons avec notre entourage. Celui-ci ne sait plus réagir face à quelqu’un qui peut exploser pour un oui ou pour un non.

Enfin, la colère augmente le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, d’insomnies…Ressentie trop fréquemment, la colère fragilise notre organisme.

La colère est une émotion incontournable, qui peut se révéler être un moteur ou un poids lourd pour nous, et nos relations ! Et si nous apprenions à mieux la décrypter pour profiter de ses bienfaits ?